[PRO VIVANCE LAB 2097] Les mots de Michaël Cros

Pro Vivance Lab 2097 est un spectacle de Michaël Cros, artiste transmédia de la compagnie La Meta-Carpe. Il raconte sa démarche artistique dans cette interview, pourquoi il a souhaité travailler avec des enfants lors de la création et son choix de les faire monter sur scène.

 

Quel est le point de départ de ce spectacle ?

Ce spectacle s’inscrit dans un cycle commencé il y a plus de dix ans avec des corps sombres, des robots végétaux, des créatures hybrides… C’est même la suite directe du spectacle Über Beast Machine présenté ici au Théâtre Massalia en mars 2018 en partenariat avec Zinc Seconde Nature.

 

Pourquoi l’adresse au jeune public ?

Les créations de la Méta-Carpe ont toujours été « tout public ». Pour Pro-Vivance LAB 2097, quand nous avons décidé avec l’équipe artistique d’aborder des questions environnementales par le biais de la science-fiction, il y a eu une évidence à associer les générations futures à ce travail.
Entre 2020 et 2021, nous avons mis en place des ateliers-labos avec des classes de CM1 et CM2 sur Marseille et Avignon. Le postulat de départ était l’apparition, dans le futur, d’êtres chimériques improbables entre humain, animal, végétal et monde des objets délaissés. Nous avons pu constater que les imaginaires des enfants pouvaient s’émanciper des formatages omniprésents de notre industrie du divertissement, si pauvre et si stéréotypé.
Nourri par le travail d’écriture mené avec les CM1 et CM2, Jérémy Damian, auteur et anthropologue, a relevé le défi d’écrire un texte pour oreilles de tous âges.
On peut entendre une voix intérieure, un milieu, une coulée, l’involution, la nuit, et la vivance, comme autant de figures humaines et non humaines qui peuplent ce laboratoire.

 

Pourquoi le Théâtre Massalia pour ce projet ?

Ce que j’aime au Théâtre Massalia, c’est sa capacité à accompagner des créations qui explorent des formes d’écritures originales, tout cela dans un cadre propice à la créativité et aux croisements entre disciplines, qu’elles soient artistiques, technologiques, scientifiques, philosophiques, …
Il est tellement important de défendre les « ovnis » artistiques !
Et puis il y a aussi le côté humain avec l’équipe du théâtre, qui se traduit par un grand plaisir à venir travailler à la Friche. Dans la situation actuelle qui fragilise tant nos corps et nos esprits, c’est précieux.

 

Comment cohabitez-vous avec votre enfant intérieur ?

Mon enfant intérieur… il est bien là quelque part… et pour qu’il ne reste pas tout seul dans son coin, j’ai ressenti le besoin d’inviter, au plateau, d’autres enfants d’une dizaine d’années, aux côtés des adultes. Mon moteur de création est alimenté par l’énergie de cette équipe artistique intergénérationnelle qui joue, expérimente, se fait confiance, et invente collectivement, prête à accueillir les spectateurs pour explorer des imaginaires environnementaux qui sortent des sentiers battus.

 

Êtes-vous plutôt mousse, fils, gaine, nouvelles technologies ou tout cela à la fois ?

Ce n’est pas moi qui décide ! C’est une question d’écoute. Toutes ces créatures qui relèvent des différents règnes, humain, animal, végétal, et même des objets, ont leur propre logique, leur propre façon de se mouvoir et d’interagir à leur entourage. C’est sans fin, et c’est ça qui est excitant. Il reste toujours des corps à découvrir et à animer, afin de se laisser animer soi-même.

 

– Michaël Cros, auteur et metteur en scène. Janvier 2022
14.1.2022
 

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