[LES ACROBATES] Les inspirations

A travers la fable contemporaine Les Acrobates, la compagnie Arnica interroge notre relation à notre environnement en nous plongeant dans un univers marin.

 

La fable s’est écrite à partir de plusieurs rencontres autour de ces sujets : avec Aurélie Célérier, cétologue et François Sarano, océanographe.
Emilie Flacher, metteuse en scène de la compagnie, souhaitait transmettre les histoires incroyables des relations entre humains et cachalots que lui ont contées ces scientifiques.
Elle y a découvert les sociétés matriarcales des cachalots, pleines de douceurs et de caresses, vivant dans le clair obscur hostile des mers et océans.

 

 

Des cachalots et des humains

 

François Sarano raconte dans son livre « Le retour de Moby Dick » le fonctionnement des clans de cachalots et partage ainsi avec le lecteur la richesse des enseignements qu’il en a tirés. Il a donné à son livre un sous-titre : « Ou ce que les cachalots nous enseignent sur les océans et les hommes ».

 

En effet, il nous raconte la longue histoire de la chasse à la baleine et l’impact de celle-ci sur les populations des cachalots. Ces évènements ont établi une certaine relation entre nos deux espèces. Des années après l’arrêt de cette chasse (année 80), le rapport proies/prédateurs a laissé des marques dans le comportement des cétacés vis-à-vis de l’Homme.

 

Les cétacés sont des représentants fidèles de leur environnement car ils se situent à la fin d’une chaine d’écosystème : les étudier c’est étudier tout un environnement. On constate ainsi l’impact de l’activité de l’humain sur les mers et océans.

 

François Sarano nous fait prendre du recul sur le soi-disant « règne » de l’homo-sapiens. Il casse les clichés et stéréotypes en démontrant la complexité des animaux sauvages et leurs capacités. Il raconte la socialisation très présente dans les clans des cachalots, du câlin jusqu’à l’entraide en passant par l’apprentissage.

 

C’est par des exemples nombreux de rencontres avec ces animaux sauvages que l’on comprend la démarche de François Sarano. Il va vers les cachalots sans a priori et s’immerge dans leur environnement. Et c’est cette rencontre simple, pure, qui permet un échange. Elle met de côté la soumission qu’il peut parfois y avoir entre l’humain et les animaux.

 

Ainsi par ce livre François Sarano va au-delà de l’étude scientifique et nous propose une véritable réflexion sur l’altérité.

 

Moi et l’autre

 

Il existe un mot pour définir la perception du monde qui est propre à chaque espèce : l’umwelt. Jacob Von Uexküll a introduit ce terme pour expliquer qu’un environnement est ressenti grâce aux sens développés lors de l’évolution.

 

Découvrez en images la rencontre de François Sarano et d’Eliot le jeune cachalot

 

Les animaux, dont nous faisons partis, ont développé des sens différents pour appréhender son environnement. Ainsi un cachalot ne perçoit pas le monde de la même manière qu’un humain ! Cette transposition est nécessaire à la pratique de l’éthologie. Cette science étudie le comportement et les mœurs des animaux en immersion dans leur écosystème, pour mieux les comprendre.

 

Nous avons donc une certaine perception qui conditionne celle que nous avons de l’autre. Pour comprendre les cachalots il faut se plonger dans leur umwelt. Il faut accepter que leur vision du monde soit différente de la notre.

 

Emilie Flacher et Julie Aminthe, autrice de Les Acrobates, nous emmènent dans cet umwelt du cachalot. Elles racontent, à leur manière, la rencontre de François Sarano et du clan de cachalots qu’il étudie. Elles ont choisi de s’inspirer de cette histoire vraie et d’imaginer le point de vue des cachalots.

 

Car si nous arrivons à nous questionner sur le point de vue de l’autre et essayons de nous plonger dans sa perception, cela nous permettra peut être d’imaginer une entente possible entre espèces.

13.2.2020
 

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