[LA VIE ANIMEE DE NINA W.] Les mots de Séverine Coulon

Séverine Coulon est la metteuse en scène de la Compagnie Les Bas-Bleus. Elle a créé le spectacle La vie animée de Nina W. qui s’inspire librement de l’histoire de Nina Wolmark, créatrice des dessins animés Ulysse 31, Les mondes engloutis et Rahan fils des âges farouches. Dans cette interview elle dévoile le processus de création de ce spectacle et ses choix de mise en scène à partir de la rencontre avec Nina Wolmark.

 

Quel est le point de départ de ce spectacle ?

J’ai rencontré Nina Wolmark à l’issue d’une représentation de mon précédent spectacle Filles & Soie. Nous avons échangé quelques paroles seulement mais, dès le lendemain, il nous a semblé nécessaire de nous revoir et nous avons tissé de véritables liens qui ont perduré pendant toute la création et jusqu’à ce jour.

 

Pourquoi l’adresse au jeune public ?

Parce que c’est parfois la seule partie de l’humanité qui me donne encore de l’espoir et me fait sourire. Nous avons joué les premières du spectacle au mois d’octobre devant des enfants certes masqués, mais avec une énergie et un espoir en la vie rares. Je n’ai pas envie de me priver de ce public au théâtre.

 

Pourquoi le Théâtre Massalia pour ce projet ?

Le Théâtre Massalia était déjà un partenaire fidèle du précédent spectacle et j’ai trouvé une écoute bienveillante et une présence forte tout au long de la création. Une compréhension et une confiance dans le projet, et c’est indispensable pour inventer. une véritable collaboration !

 

Vous êtes plutôt gaine, mousse ou fil ?

😉 😉 😉 je suis ce qui me tombe sous la main ! Non plus sérieusement, j’adapte ou je trouve les techniques qui conviennent au sujet du spectacle. Dans La vie animée de Nina W. les personnages étant issus de dessins animés des années 80, il me paraissait pertinent d’utiliser des marionnettes très mobiles et aux couleurs très vives, un peu comme le Casimir de mon enfance. D’où la mousse. Mais je dirais que ce qui revient le plus souvent dans mes spectacles, c’est le théâtre d’ombre.

 

Comment cohabitez-vous avec votre jeunesse ?

Bien j’espère 😉 ! J’ai souvent l’impression de ne pas entendre suffisamment les enfants. Je porte une attention particulière au moment de la création à cela, j’essaie de les entendre et de me laisser surprendre par eux. Nous échangeons, souvent à la fin du spectacle, dans ce qu’on appelle un bord plateau, mais ce n’est pas toujours facile de les entendre sur ce qui les touche vraiment, et aussi de les entendre tous, même la petite qui est assise derrière et qui n’ose pas.
Dans ces moments-là, ils sont encadrés, ils sont avec les enseignants, et souvent ils essaient de bien répondre, ils essaient de donner la bonne réponse. Ce n’est pas toujours le moment idéal pour trouver la sincérité. Il faut passer du temps avec les enfants pour les écouter vraiment, un peu comme quand une caméra arrive pour vous filmer, il faut déjà un temps pour l’oublier.

 

Une anecdote, un souvenir marquant sur cette création ?

Alors là c’est facile : nous avons deux pangolins dans le spectacle!!!!!! ;0)
Ils étaient au casting depuis le début du projet il y a trois ans.

 

– Séverine Coulon, metteuse en scène. Décembre 2021
15.12.2021
 

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