[En UN éclat] Mouvement dansé / mouvement pictural

Dans le spectacle En UN éclat, de la compagnie a.k entrepôt, le geste dansé engendre un geste pictural. Á travers la peinture, les deux énergies contradictoires/complémentaires des danseurs laissent une trace de leur passage sur scène.

Cette recherche entre mouvement dansé et mouvement pictural s’inscrit dans une longue histoire des arts. Vous trouverez ici plusieurs exemples de ces rapports danse/peinture, issus de deux dossiers pédagogiques dont vous trouverez les liens en fin d’article.

 

 

Exemples d’artistes chez qui le mouvement du corps induit un geste pictural

Jackson Pollock 

Un des chefs de file de l’Action Painting (traduit littéralement par peinture active ; désigne aussi bien une technique qu’un mouvement pictural). C’est un art abstrait apparu au début des années cinquante à New York. Ce mouvement privilégie l’acte physique de peindre. Les suggestions figuratives sont écartées. Les artistes réalisent ces oeuvres abstraites en peignant, égouttant (le dripping) ou projetant de la couleur sur la toile. La structure du tableau résulte de l’intuition de l’artiste mais aussi des divers comportements de la couleur (coulures…). L’énergie vitale et la psyché qui animent le corps du peintre constituent le moteur, la ressource et le sens du travail. Peindre apparaît alors comme un moment d’existence irréfléchi et pulsionnel. L’oeuvre est un témoignage du corps vivant, en action et en mouvement dans l’instant.

                        

Gerhard Richter

Peintre allemand abstrait aux formes expressionnistes, il laisse transparaître le mouvement à travers de grands gestes plastiques. Les outils utilisés (morceaux de bois permettant des raclures, règles géantes….) permettent un jeu avec les médiums et la matière. Entre lignes statiques et matières en mouvement, son oeuvre se confronte au dynamisme de la vie.

                            

 

 

 

Une technique dans laquelle la peinture naît du geste dansé

Le light painting

Aussi appelé light drawing, light graffiti ou light graph, c’est une technique photographique qui consiste à jouer avec une source de lumière dans un environnement sombre pour dessiner des traînées lumineuses. Dans le cas des traînées lumineuses, on parle de light graffiti car cet exercice s’apparente au graffiti avec bombe aérosol. D’ailleurs cette activité est souvent pratiquée en ville afin de jouer avec le mobilier urbain et composer avec les éclairages artificiels.

La définition du terme photographie est ici appliquée à la lettre: dessiner ou écrire (graphos) avec la lumière (photos). Expression fugace, éphémère, sans repère visuel, il s’agit de remplacer les bombes, calames et autres outils, par la source même de la couleur : la lumière. LED, néons, lasers, torches, chalumeaux sont combinés avec toutes sortes de filtres et de caches afin d’obtenir des rendus graphiques comparables à ceux de calligraphies ou de graffs.

La réalisation d’un light graffiti nécessite une très bonne représentation dans l’espace par l’intermédiaire du corps et du geste. Il suffit pour s’en convaincre de suivre le fil de la lumière. Dans les photos ci-dessous, on peut voir que Picasso danse pour réaliser ses dessins. Il y a une parfaite adéquation entre le corps, le geste et l’espace.

 

 

Un style qui exprime le mouvement intérieur de l’artiste

L’art lyrique

Dès 1922, Hans Hartung expérimente dans des dessins à l’encre et au fusain un mode d’expression abstraite, où le geste est la trace de l’expérience vécue de l’artiste. Il cherche son expression dans le dynamisme du geste. Chez lui, la rapidité est le résultat d’une concentration préalable, d’une intériorisation.

                                       

Une proposition d’activité autour de l’art lyrique à partir d’une musique contemporaine

 

«Travail d’écoute.

Travail en expression corporelle.

Exprimer ce que l’on ressent par des gestes.

Exprimer ces gestes sur une feuille en utilisant des matières différentes.»

 

 

 

Sources :
27.4.2018
 

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