[MONGOL !] Les mots de Wilma Lévy

Wilma Lévy, metteuse en scène et fondatrice de la Compagnie des Passages, s’est emparée du texte Mongol de Karin Serres. Leur travail en commun et la réécriture du texte ont donné le spectacle Mongol ! , une pièce qui aborde avec finesse la question du harcèlement.

 

Quel est le point de départ de ce spectacle ?

Le point de départ, c’est le texte de Karin Serres, texte que j’ai découvert grâce au Théâtre Massalia d’ailleurs… Il m’avait été conseillé il y a plusieurs années par l’équipe et il a infusé, au point d’avoir le désir d’en faire un spectacle.
Et le point de départ du spectacle lui-même, ce sont les premières images de la cour d’école, de la solitude d’un enfant en face d’un groupe… Ces enfants perdus dans la cour de récréation, ceux qui sont un peu différents, en tout cas qui ont du mal à trouver leur place.

 

Pourquoi l’adresse au jeune public ?

La compagnie des passages n’est pas une compagnie spécifiquement jeune public et ce sont les rencontres avec des textes qui créent l’envie et la nécessité de cette adresse. Peut-être parce que cela permet d’évoquer avec plus de légèreté des sujets sérieux ? Le premier spectacle Jeune public de la compagnie était Sous un ciel de chamaille de Daniel Danis, qui traitait du conflit israélo palestinien ! Dans le cas de Mongol ! j’ai envie de dire aux enfants que rien n’est jamais figé, qu’il n’y a pas d’assignation, et que la curiosité est une qualité qui peut sauver…

 

Pourquoi le Théâtre Massalia pour ce projet ?

Parce que j’aime le travail que mène cette équipe ! Parce que je me retrouve dans les valeurs qu’il défend, parce qu’il a œuvré (avec d’autres) pour la reconnaissance du jeune public, et qu’il prend en considération ces jeunes spectateurs.

 

Comment cohabitez-vous avec votre enfant intérieur ?

Plutôt pas mal, il est encore très présent et je le protège : je ne voudrais surtout pas qu’il s’éloigne trop… Je n’ai pas d’affinité avec les adultes qui ont oublié qu’ils ont été enfants, je les trouve tristes.
J’espère toujours qu’un adulte qui vient voir un spectacle jeune public se reconnecte aussi à cet enfant qui est là.

 

Une anecdote, un souvenir marquant sur cette création ?

Nous avons créé sous covid… Nous aurions pu faire un film de cette création ! Un des beaux moments est quand, après plusieurs résidences où toutes les rencontres avec les enfants avaient été annulées les unes après les autres, nous avons pu enfin montrer à deux classes de CM2 au TAG à Grigny, un petit bout du travail… Cela a redonné du sens à ce que nous étions en train de créer… Et nous avons une hâte incommensurable de les retrouver enfin !

 

– Wilma Lévy, metteuse en scène. Novembre 2021
26.11.2021
 

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