[FIN DE LA 4EME PARTIE] Les mots de Magdi Rejichi

Fin de la 4ème partie est un spectacle de la compagnie Peanuts dont le texte a été écrit par Philippe Dorin. Magdi Rejichi nous dévoile quelques anecdotes sur le spectacle et parle de son intention dans cette interview.

 

Quel est le point de départ de ce spectacle ?

Au départ, il y avait l’envie de faire un spectacle qui pourrait aborder notre rapport aux nouvelles technologies. On voulait explorer la façon dont elles définissent nos rapports. On s’est librement inspiré·es d’un conte populaire « La soupe au caillou » (version d’Anaïs Vaugelade). C’était comme un point d’ancrage; Nous avons rencontré des jeunes en leur proposant une forme hybride d’atelier spectaculaire mêlant le conte à des échanges intimes avec eux autour de leurs propres pratiques du web et des réseaux sociaux… Cela a donné naissance à «De chair et d’octets», mis en scène par Émilie Martinez.
Puis l’on s’est tourné·es vers Philippe Dorin pour écrire le texte qui s’est nourri de cette expérience. Avec lui, on savait que l’on serait loin des histoires classiques pour enfants, tout en restant dans un univers qui leur ressemble et qui laisse une grande place à l’imaginaire.

 

Pourquoi l’adresse au jeune public ?

On aime à croire qu’il y a tous les possibles quand on est enfant et en même temps, on est soumis assez rapidement aux contraintes pour s’adapter au monde dans lequel on débarque !
Faire des pièces pour le jeune public, c’est lui proposer une bulle dans laquelle il est permis d’imaginer mais aussi de remettre en question ce monde qui ne tourne plus très rond et qui parfois nous empêche de rêver.

 

Pourquoi le Théâtre Massalia pour ce projet ?

C’est le Théâtre Massalia qui nous a donné pour la première fois, l’opportunité de nous produire dans de bonnes conditions, c’était notre deuxième spectacle. Nous avons tissé un lien et vraiment eu envie de retravailler avec lui pour le troisième. Nous voulions questionner nos pratique, essayer d’avancer dans notre démarche artistique. Nous avions besoin d’être accompagné·es pour progresser, mais aussi prendre plus de risque dans la création. Nous les remercions énormément de partager ce risque avec nous.

 

Comment cohabitez-vous avec votre enfant intérieur ?

Kantor disait que tous les adultes sont des coupables parce qu’ils portent sur leur dos le cadavre de l’enfant qu’ils ont été… Alors j’essaye d’être le moins coupable possible. J’aimerais avoir huit ans tout le temps !

 

Êtes-vous plutôt corps, voix, espace, ou tout cela à la fois ?

Pour être honnête, je ne sais pas. Sans doute tout à la fois mais dans nos créations, c’est très variable d’une forme à l’autre. Nous recherchons toujours en quelque sorte et c’est souvent en travaillant que cela se détermine.

 

Une anecdote, un souvenir marquant sur cette création ?

Nous avons fait une résidence au mois de juillet et, avec l’un des comédiens, on travaillais sur le clown. On voulais essayer de donner naissance à un être singulier ou tout du moins, inscrire ce travail dans la construction de son personnage. Au fil des jours, son costume, qui lui tenait extrêmement chaud pour la saison, commençait à sérieusement sentir… comment dire… les pieds.
Alors, quand on a dû baptiser son clown, c’est devenu une évidence :
Il s’appellerait «Chaussette» !
Depuis, on a allégé son costume et on le lave souvent. Et ça va beaucoup mieux !

 

– Magdi Rejichi, metteur en scène. Décembre 2021
10.12.2021
 

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