[J’AI ECRIT UNE CHANSON POUR MAC GYVER] Interview

Dans J’ai écrit une chanson pour Mac Gyver, Enora Boëlle porte sur scène son adolescence. Nous lui avons posé quelques questions sur le processus de création.

Comment la question de l’adolescence a-t-elle traversé cette création ?

Je me suis plongée dans ma propre adolescence. J’avais 15 ans en 1995. J’en ai retraversé les différentes périodes et bouleversements en y portant un regard tendre et amusé. J’ai collecté aussi beaucoup de témoignages d’ados et/ou d’anciens ados pour en dégager les dénominateurs communs, ce qui génération après génération se vit de la même façon (le rapport aux autres, les transformations du corps, le regard vers l’avenir…).

Comment définiriez-vous un spectacle jeune public ? quelle ambition lui offrez-vous ?

J’ai beaucoup de difficulté à parler de « spectacle jeune public ». Existe-t-il des lieux qui font de la programmation « vieux public » ? Quand je crée un spectacle je me dis qu’en effet les publics qui ne vont pas encore au théâtre seuls, pourraient s’y retrouver. J’aime autant jouer en scolaire qu’en « Tout public ». L’avantage du « Tout public » c’est qu’il peut y avoir échange entre les générations après le spectacle. Les perceptions et les expériences de vie ne sont pas les mêmes, il peut y avoir dialogue.

Qu’aimeriez transmettre aux ados et aux adultes avec ce spectacle ?

L’endroit de dialogue dont je parle plus haut est essentiel à un âge où le dialogue entre adultes et ados n’est pas toujours évident. L’adolescence n’est pas une période très confortable. À l’ado, lui dire peut être que tout ça n’est pas si grave, que ça va passer et amuse toi bien dans ces montagnes russes, tu n’es pas tout seul ! À l’adulte, regarde toi en face, tu es passé par là toi aussi, cette période te constitue, fais la paix avec elle !
Peut-être alors que l’ado et l’adulte se regarderont différemment l’un et l’autre !

Une (ou plusieurs!) anecdote(s) sur la création ?

Je suis maman d’un garçon de 9 ans et d’une fille de 6 ans. Je ne suis pas prête à les voir devenir adolescents, ni à leur présenter ce spectacle ! Je me sentirais alors dans la position de l’arroseur arrosé ! C’est bien la peine d’avoir écrit tout le blabla ci-dessus 😉

27.3.2019
 

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