[ PINGOUIN ] Les mots de Patrice Douchet

Pingouin est un texte de Sarah Carré présenté par la Compagnie de la Tête Noire, mis en scène par Patrice Douchet. Celui-ci nous parle d’amour et de sa rencontre avec ce texte dans son interview.

 

Quel est le point de départ de ce spectacle ?

Jeudi 30 mai 2019 au matin.
Autour d’un café je fais part à mon équipe de mon impuissance à trouver un nouveau texte jeunesse à mettre en scène. Sur le bureau de Marjolaine Baronie, responsable du comité de lecture de la Tête Noire, une pile de manuscrits en attente. Je dis, comme une boutade, « Si ça se trouve le texte que je cherche est là ». J’ouvre dubitatif la première enveloppe arrivée 2 jours plus tôt. Un texte et une lettre de l’autrice avec une recommandation d’une ex collaboratrice qui connaît bien mes gouts littéraires. Je lis et fais lire à deux autres personnes de l’équipe. Enthousiasme partagé. Le texte est illico presto envoyé aux autres membres du comité de lecture. Incroyablement réactif.ves, chacun.e lit aussitôt et à 18h, nous recueillons 10 avis positifs. Unanimité. J’appelle Sarah Carré et lui demande si le texte est libre de toute production. Elle me répond que oui. A 19h ce jeudi 30 mai, je décide que ce sera la création jeune public de la saison 2020-2021.

 

Une anecdote, un souvenir marquant sur cette création ?

La création s’est faite en temps de COVID. Seuls deux enfants ont assisté aux spectacles au cours des 6 premières représentations. L’un d’entre eux a dit « Dans ce spectacle tout est d’amour ».

 

Un Poids?

J’ai envie qu’on sorte du spectacle le cœur léger ! Avec l’envie de caresses de plumes

 

Vous êtes plutôt paillette, fougère ou carton ?

En Lettonie, pays que je connais bien, en juin, les jeunes fêtent le retour de l’été dans la forêt. Parfois les couples s’éclipsent et lorsqu’ils reviennent un peu plus tard, on dit qu’ils sont allés cueillir la « Fleur de fougère ». Chacun.e sait que la fougère ne fleurit pas. D’autres fleurs auront sans doute été cueillies lors de ces escapades nocturnes.

 

Amazone ou Abélard ? Vous n’êtes pas obligé de répondre.

Amazone pour son audace, pour son envie de casser les codes, pour sa modernité, pour l’inversion des rôles dans le rapport amoureux. Et Abelard pour sa capacité à évoluer et à remettre en question son côté chevaleresque un peu « old school ».  

Vous nous recommanderiez un livre sur le langage de l’amour ?

Un film plutôt. Mon film culte. La Strada de Federico Fellini. Le grand ratage entre deux êtres incapables de se dire leur amour. A chaque fois que je le revois j’espère qu’au moment fatidique -quand Zampano abandonne Gelsomina avec sa petite trompette alors qu’elle dort- , je me dis « Cette fois, il va changer d’avis » . Malheureusement le film se termine toujours de la même façon. Malgré tout je suis sûr qu’un jour la fin changera …

 

Vous êtes plutôt Rolling Stones ou Beatles ?

Satisfaction le matin et Let it be le soir !

 

Balades glamours ou Haïkus ?

Balades glamours en écoutant des ballades d’amours … Ceux qui s’aiment par la chanteuse Pomme.
Ou un poème de Verlaine « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant … »
Ou en me répétant cette phrase de Duras, « Je connais Lol V .Stein de la seule façon que je puisse, d’amour »

 

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?

Que représente la scénographie de Pingouin (Discours amoureux) ?

 

Un coup de cœur à partager pour un texte contemporain ?

Partout le Feu le premier roman d’Hélène Laurain sorti en janvier 2022 aux éditions Verdier et qui sera ma prochaine création !

 

– Patrice Douchet, metteur en scène. Mai 2022

 

 

25.5.2022
 

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