[Projets théâtre avec le Collège Belle de Mai] Note d’intention

Le vendredi 7 juin, les élèves du Collège Belle de Mai montaient sur la scène du Grand Plateau de la Friche, pour restituer le travail de l’année dans le cadre des projets théâtre. Voici les notes d’intentions des deux metteuses en scène qui ont accompagné les projets.

 

Claire Latarget pour la classe théâtre :

«C’était une chance de rencontrer Rodolphe et sa classe. Une rencontre généreuse et joyeuse. Pourtant, on a parlé de monstres, on a parlé de peurs… Et puis je me suis souvenue de Ravie de Sandrine Roche. Une réécriture pour marionnettes de « la chèvre de Mr Seguin ».

Cette pièce, je l’avais déjà lue il y a quelques années mais je crois que c’est ces élèves qui me l’ont rappelé. La plus grande peur qu’a Blanquette, qu’ont ces jeunes, qu’on a tous, c’est la peur de ne pas pouvoir être libre. Est-ce que grandir c’est ça ? Renoncer à la liberté ? Ou au contraire sortir de la protection de son foyer pour la gagner ?

La grande peur qu’ils apprennent à affronter à mes côtés depuis de longs mois c’est la rencontre avec vous, ce soir. Sur cette scène pâturage, devant ce gradin montagne. Ce soir, Blanquette vainc le loup, vainc la peur elle-même. Eux, ils vont essayer de maîtriser leur trac, ils vont vaciller sur leurs pattes, mais ils vont tenir dans les ombres jusqu’à ce que la lumière revienne.»

Hélène Arnaud pour l’atelier théâtre :

« C’est là que commence notre histoire. Celle de treize jeunes adolescents. Ils s’appellent Inaya, Djamel, Kaena, Yasmine, Naomi, Mohamed, Inès, Jean-Baptiste, Asnia, Christiane, Camille, Baha et Mama. Tous cherchent un chemin dans un monde qui les questionne, un monde qui ressemble souvent à cette forêt mystérieuse et inquiétante que l’on trouve dans les contes. Car lorsqu’on a 12 ou 14 ans, les émotions ça égare ça déroute. Puis ça embrouille et ça fait des nœuds dans le ventre. Sur la langue aussi.

Alors j’ai glissé dans leur sac à dos quatre textes en guise de boussole. Pour dire leurs doutes, leurs peurs. La colère aussi, face à un monde qui semble parfois ne pas les entendre. Et comme le Petit Poucet, le Chaperon rouge ou Hansel et Gretel, ils ont traversé cette forêt. En quête de sens. Ils ont semé les mots de ces autrices et ces auteurs contemporains, comme des petits cailloux blancs.

« Ce chemin, diraient certains randonneurs expéri­mentés, est beaucoup trop accidenté… Il y a trop de dénivelé… ils vont se perdre dans tous ces mots ! ». Et en effet, comme les héros des contes de notre enfance, ils se sont perdus. Mais ils n’ont jamais rebroussé chemin. Car même s’ils n’ont pas toujours les mots pour vous dire pourquoi, pour dire ce qui les pousse à être là, ils savent qu’il est en train de se passer quelque chose. C’est sans doute là, juste là, qu’apparaît le sens de notre histoire. Devant nos yeux. Dans ce chemin parcouru et dans leur courage.

Le Bois n’est pas dormant est cette histoire qui, chemin faisant, s’est écrit au fil des semaines et sur le fil de la vie. L’histoire de treize belles rencontres.»

17.6.2019
 

.