LA SELECTION 2017 DU COMITE DE LECTURE

Los Niños

De Sabine Tamisier
Editions Théâtrales Octobre 2017
Coup de cœur du comité de lecture

La pièce
Janis jeune citadine de 13 ans, se retrouve de manière imprévue, confiée quelques jours de l’été, à sa grand – tante et son mari. Ce couple sexagénaire vit à la campagne dans le sud de la France avec un chien et un chat, cultivent un potager, mangent bio et sans gluten, elle écrit, il compose de la musique électro, techno, progressive. Janis elle est très urbaine, toujours connectée à son téléphone. Elle n’est pas très contente de se retrouver là, Didi et Lolo quant à eux ne changent pas leurs habitudes : Didi a un livre à terminer, une série de portraits d’enfants d’après les Enfants de l’Exode, recueil de photos de Sebastião Salgado que son éditeur attend, et Lolo n’interrompt pas ses recherches musicales.
Petit à petit, se laissant guider par leur curiosité naturelle, ils vont se découvrir et s’apprivoiser.
Janis en lisant en cachette les écrits de sa grand-tante va prendre conscience d’une certaine humanité. Elle subit un choc esthétique qui va la faire grandir. C’est alors le début de son engagement, avec ses propres moyens : le dessin.

Dans cette pièce se croisent ainsi des vies imaginées d’enfants en exil, rescapés des génocides ou réfugiés politiques et celle d’une adolescente occidentale que les parents – médecins sans frontière – envoient le temps d’une mission à l’étranger chez une grand-tante écrivaine et un grand oncle DJ.

L’écriture est très cinématographique. On est dans plusieurs espaces : celui de la maison et de la campagne de Didi et Lolo, celui de la vie urbaine de Janis, et enfin celui des enfants de l’exode, les portraits des enfants que Didi écrit. Ces différents espaces s’éclairent l’un l’autre.

Les didascalies sont très précises et posent le cadre, l’ambiance : le sud de la France, sa lumière, les cigales, les bruits de la vallée, la quiétude de la maison… contrastant avec la violence des vicissitudes du monde extérieur que nous renvoient les portraits des enfants de l’exode.
La pièce s’articule autour des dialogues entre les différents personnages, les portraits des enfants de l’exode, lus soit par Didi soit par Janis et le journal de Didi où s’expriment ses doutes quant à son écriture, à sa relation à Janis et aux enfants.

A partir de 10 ans

L’auteur
Sabine Tamisier est née à Pertuis et vit actuellement à Aubagne. Après un parcours d’études théâtrales à l’Université d’Aix-en-Provence (DEUST, Licence, Maîtrise), elle travaille sept ans en tant que médiatrice du théâtre contemporain en milieu rural, pour le Centre Culturel Cucuron-Vaugines. Parallèlement à une pratique assidue de comédienne elle anime des ateliers de pratique théâtrale pour enfants et adultes dans le cadre desquels elle met en scène des textes d’auteurs dramatiques contemporains et suit les ateliers d’écriture théâtrale proposés par le Théâtre de Cavaillon-Scène Nationale et le CCCV.
C’est à partir de toutes ces rencontres que grandit son désir d’écrire pour le théâtre. Elle intègre alors en 2003 la première promotion du département Écritures dramatiques de l’ENSATT (École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre / Lyon), créé et dirigé par Enzo Cormann. De 2006 à 2010 elle travaille pour le Centre de Ressources de Montévidéo (Marseille). Elle se consacre aujourd’hui entièrement à l’écriture et à son travail de comédienne.
Pour le théâtre, elle a écrit :
AUX ÉDITIONS THÉÂTRALES : « Anatole et Alma » suivi de « L’Histoire d’Anna ». (2015) Théâtrales Jeunesse.
« Galino ». (2013),  « Nina ? (Épilogue) ». (2011), « Sad Lisa ». (2010).

CHEZ D’AUTRES ÉDITEURS : « Casa Nostra ». Éditions le Mot et le Reste (2009), Revue Nioques # 5, « Les Blés ». Éditions Espaces 34 (2007).

INÉDITS : « Mayotte or not Mayotte ? » (2015). « Lorsque parut l’aurore aux doigts de rose » (2015). « Los Niños – Pandémonium » (2014). « L’Abandon » (2014). « Mon Iowa » (2013). « Trace(s) » (2013). « Aimé sur le seuil » (2013). « Anakpok Kunuk ou L’incroyable traversée » (2012). « Juke-Box » (2011). « Vache sans herbe » (2011). « Nina ? » (2006). Version courte de Nina ? Épilogue. « La Traverse » (2005). « Les Appalaches » (2005).

Et en poésie : Un jour, je serai paysanne (2009). Extraits parus en octobre 2010 dans le premier numéro de la revue de poésie sonore Camion n°0, Éditions Sonato.

 

Le monstre du couloir

De David Greig
Traduit de l’écossais par Dominique Hollier
Maison Antoine Vitez

La pièce
« C’est l’histoire d’une adolescente de la petite ville écossaise de Kirkcaldy. Elle est romancière. C’est une histoire de souffrance, de désespoir, de malaise et de honte. Il y est question de sexe, de mort, d’humiliation, de catastrophe et aussi une petite dose de socialisme mais ça se verra pas, je vous jure, ça va aller. C’est l’histoire tragique mais au bout du compte galvanisante d’une fille ordinaire qui prend soin de son père dans un deux pièces cuisine. Sa mère est morte dans un accident de moto quand elle avait trois ans. Son nom : Duck, est un hommage à la Ducati Monster… »
C’est par ces mots que débute la pièce de David Greig.

Duck est seule pour s’occuper de son père, ancien biker au chômage, affaibli par une grave maladie. Face aux lourdes responsabilités qu’elle doit affronter, elle écrit et essaie de transformer sa vie en quelque chose de magique. La pièce est le récit d’une journée particulièrement éprouvante dans la vie pas si ordinaire de cette adolescente.

Le style est agréable, direct, les dialogues sont très courts. Les personnages qui parlent ne sont jamais nommés, pourtant ils sont nombreux, le chœur des Duckettes, Duck, le père, Larry, la fée catastrophe, le monstre, l’éducateur ou professeur de théâtre, l’assistante sociale, Agnetha… on passe de l’un à l’autre facilement. Le rythme est assez effréné, ça se passe en une journée et l’enjeu est important. Il y a beaucoup de choses : la maladie du père, l’univers de la moto et des bikers, l’enfant responsable de son parent, la drogue, l’envie d’écrire, deux histoires d’amour, le sexe et les ados, une assistante sociale engagée…

C’est drôle, plein de rebondissement et assez loufoque… très rock’n roll !!!

A partir de 12 ans

L’auteur
David Greig est né à Edinburgh en 1969 et vit aujourd’hui à Glasgow. Il étudie la littérature anglaise et l’art dramatique à l’Université de Bristol. Il est aujourd’hui reconnu comme une des voix les plus importantes de sa génération.
Ses pièces sont régulièrement présentées par le London Royal Court, Out of Joint Theatre Company, the Young Vic, le Royal National Theatre et la Royal Shakespeare Company.
Il est dramaturge au Théâtre National d’Ecosse.
Sa première pièce A savage reminiscence a été montée au Fringe Festival à Edinburgh en 1991. Depuis il a écrit de nombreuses pièces parmi lesquelles : Europe en 1994, The Architect en 1996, The speculator pour laquelle il reçoit le « Herald Archangel Award » en 1999, Victoria en 2000, Outlying Islands en 2002.
En 1990 il cofonde le Suspect Culture Theatre Group avec Graham Eatough à Glasgow et y crée différentes pièces : One way Street en 1995, AirportTimelessMainstreamLament et 8000 miles.
Il a écrit également des pièces pour jeune public dont Danmy 306 + Me (4 ever) en 1999.
Parmi les pièces les plus récentes écrites par David Greig : San Diego en 2003 ou une journée au coeur du rêve américain; The American Pilot en 2005, explore la manière dont l’Amérique perçoit le monde et réciproquement ; Pyrénées en 2005 au sujet d’un homme trouvé dans les collines des Pyrénées et devenu amnésique.
Par ailleurs David Greig a traduit en anglais différentes pièces dont Caligula de Camus en 2003 présentée à la Donmar Warehouse et recompensée par un Award, Candide de Voltaire en 2000 et When the Bulbul stopped Singing adaptée de l’oeuvre de Raja Shehadeh. Il a également écrit de nombreuses pièces radiophoniques.

Son écriture est ironique, sombre, drôle, marquée à la fois par une impressionnante maîtrise des techniques de la scène et par une capacité rare de mettre le monde politique et humain d’aujourd’hui sur la scène.

 

La petite soldate

de Mihaela Michailov
Traduit du roumain par Alexandra Lazarescou
Maison Antoine Vitez

http://teatrultineretuluint.ro/main/wp-content/uploads/2015/02/afis-soldat-e1424860226608.jpgLa pièce
C’est l’histoire d’Ami, petite fille de 8 ans, qui vit seule avec sa grand-mère très âgée et malade. Elle a déjà perdu sa mère et a peur de perdre sa grand-mère. Alors elle se décide soldate, met en place une armée et élabore toute une stratégie de défense pour protéger sa grand mère.
C’est un monologue très bien écrit, drôle et tendre, d’où surgit un grand questionnement sur la vie de cet enfant et sur le monde d’aujourd’hui.
C’est un bel univers, avec quelque chose de très féminin. Il y a  beaucoup de tendresse dans cette  belle relation entre cette petite fille et sa grand mère. L’importance du lien est très en avant et en filigrane, il y a  toute la fragilité de la vie qu’Ami essaie de maîtriser par la parole, la contestation et l’imagination.

A partir de 7 ans

L’auteur
Née en 1977 à Ploesti en Roumanie, Mihaela Michailov est auteure dramatique, critique de théâtre et danse et professeure de dramaturgie à l’École nationale supérieure de théâtre et de cinéma de Bucarest. Elle est membre de nombreux jurys nationaux et internationaux dans ces disciplines. Elle publie des chroniques de théâtre et danse dans les plus importants journauxdeRoumanie.
Après des études de lettres et de dramaturgie, elle vient d’achever une thèse sur la radicalité du corps dans le théâtre contemporain.
Mihaela Michailov a reçu le prix UNITER (l’équivalent roumain des Molières) de la meilleure pièce en 2006 avec Le Complexe Roumanie, mise en scène au Théâtre national de Bucarest. Elle a été invitée pour des résidences de dramaturgie au Lark Theatre de New York et en juin 2009 au Royal Court Theatre de Londres.
Elle a collaboré avec de nombreux metteurs en scène roumains tels que : Alexandra Badea, Alexandru Dabija, Radu Apostol, David Schwartz, Ioana Paun.
Ses pièces ont été mises en scène dans les plus importants théâtres de Roumanie : Théâtre National de Bucarest, Théâtre de l’Odéon, Théâtre National de Timisoara, Théâtre Foarte Mic, Théâtre Luni-Green Hours.
Mihaela Michailov travaille notamment dans les milieux marginalisés avec des personnes expulsées.
Elle est co-fondatrice du centre Vârsta4 (Centre d’Art communautaire pour le 4ème âge) dédié à des projets artistiques pour les personnes âgées. Elle a été programmatrice au Festival de dramaturgie roumaine de Timisoara. Elle est coéditrice de la revue d’art politique – GAP.
Ses textes traitent de la révolution roumaine, du con it entre les générations, des événements de l’Histoire récente et de la violence à l’école.
Depuis 2002, elle a écrit plus de dix pièces de théâtre, dont quatre pour les adolescents, qui ont été traduites en anglais, allemand, français, hongrois et créées en Roumanie, France, Angleterre, Allemagne et États-Unis.
En juin 2014, le spectacle Le Prof de religion a été sélectionné par le Festival de dramaturgie de Wiessbaden – New Plays from Europe (Neue Stücke aus Europa).
En octobre-décembre 2015 elle est artiste en résidence aux Récollets, Paris.
Ses pièces : Le Complexe Roumanie (Complexul Romania), Interdit aux moins de 18 ans (Interzis sub 18 ani), Faites de la place ! (Faceti loc !), La famille Of ine (Familia Of ine), Comment Barbie traverse la crise économique (Cum traverseaza Barbie criza mondiala), J’ai peur (Mi-e frica), Le bal (Balul), Têtes brulées (Capete în erbîntate), Sales Gosses (Copii rai), Sous terre (Sub Pamânt), La Petite soldate (Fetita soldat).

 

La Petite Soldate a été mis en espace dans le cadre du Festival international de théâtre jeune public à Iasi en octobre 2013 et a été créé au Théâtre de la Jeunesse de Piatra Neamt en février 2015. Une mise en scène  en France de  Anne Herold  est prévue cet automne 2017 au Théo Théâtre à Paris.

 

 

17.10.2017
 

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