[ TRACK ] Les mots de Céline Garnavault

La compagnie la Boite à Sel revient au Théâtre Massalia avec TRACK, en relevant les défis techniques avec brio pour présenter un théâtre d’objets connectés sur rails… Céline Garnavault, metteure en scène vous partage quelques anecdotes sur cette création.

 

Quelle rêverie est au départ de ce spectacle ?

Quand je travaillais avec laurent Duprat/LOS, sur le spectacle Le Grand Chut. en 2019, j’ai eu l’occasion de le voir interagir en atelier avec des enfants et j’ai eu soudain une intuition très forte, avec cette image : Laurent faisant du beatbox dans un cercle de tout petits enfants. Le rapport à la voix, aux sons de bouche, à la musique, aux jeux de sons. Tout est parti de là. Et puis l’envie de matérialiser tous ces sons dans des objets, et de faire tourner les objets autour de lui. C’est là que l’idée des petits trains est arrivée.

 

Une anecdote, un souvenir marquant sur cette création ?

Il y en a tant ! Un symbole : la plus grosse locomotive du spectacle s’appelle Dada, du nom de son créateur Daniel Péraud dit Dada, qui a aussi construit le circuit avec sa femme Sophie.

 

Un Poids?

TRACK, comme BLOCK notre précédent spectacle, est une création qui nous a demandé de surmonter des montagnes de défis techniques, de pannes, de bugs, de mystères insensés, de déraillages et d’accidents, et ça a pu être un poids par moment pour Thomas Sillard et moi, mais aussi pour toute l’équipe. Il fallait de la confiance ! On a beau avoir de l’expérience, quand on est en plein dedans parfois on se dit : « mais qu’est ce qui nous a pris de nous lancer dans cette folie ! »

 

Avez-vous un bon sens de l’orientation ?

Mais alors pas du tout ! Mais j’aime bien me perdre et prendre des chemins inattendus car c’est là que tout peut arriver.

 

Vous êtes plutôt conte, fable, poème ou aucun des trois ?

Dans l’écriture je suis plutôt poème, parce que je travaille beaucoup par collages avec les images, les émotions, les sensations, de l’évocation…

 

Ellipse, inversion, syllepse ou pléonasme ?

Ellipse ! La force du théâtre d’objets et de la marionnette mais aussi du son en tant que matériau dramaturgique c’est qu’ils permettent de faire des ellipses, et ça c’est fabuleux, ces sauts dans le temps, ces choses qu’on ne dit pas, ces ruptures, ça ouvre énormément de possibilités d’écriture et ça donne de la liberté.

Wagon et locomotive ou rails et passages à niveaux ?

Me demander de choisir entre nos petites locos et nos petites barrières ? Impossible, je risquerais de les vexer et qui sait comment elles réagiraient, elles peuvent être susceptibles…

 

Cinéma muet ou concert ?

Les deux ! Dans le cinéma muet il y avait toujours un pianiste ou un orchestre pour accompagner le film. Track, c’est un concert ferroviaire sans paroles, ou presque…

 

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?

À « Ça raconte quoi ? »
Et j’ai hâte d’avoir les retours des enfants du Théâtre Massalia à ce sujet.

 

Quelle idée bouillonne en ce moment ?

Comment prêter une forme de vie et d’autonomie à des objets peut modifier notre empathie et notre rapport au monde ? Comment la capacité à s’émerveiller nous révèle à nous-même et nous fait entrer en relation avec les autres ?
Ces questions, nous les mettons en expérimentation avec le projet « BAD BLOCK », en invitant les publics ados et adultes à participer à nos laboratoires de recherche avec des objets sonores et vivants qui leurs sont confiés directement.

 

– Céline Garnavault, dramaturge et metteure en scène. Mai 2022

 

 

4.5.2022
 

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