[RéBUS] La partition dans tous ses états

Dans le cadre du spectacle RéBUS, vous découvrirez que la musique ne s’arrête pas aux partitions classiques, que nous avons l’habitude de côtoyer. Nous vous proposons de prolonger l’expérience de cette nouvelle musique avec cet article sur la partition musicale et les diverses façons de l’écrire.

  • La toute petite histoire de la partition.

Il faut savoir que la partition musicale est apparue dès la naissance de l’écriture. La Grèce Antique reprend le concept d’écriture musicale, car il apparaît important aux hommes de retranscrire la musique dans la mesure où elle fait partie de leur quotidien et la plupart de leurs festivités. Mais les partitions les plus proches de celles que l’on connaît aujourd’hui naissent au Moyen-âge. En revanche à l’époque les partitions différaient selon l’instrument qu’elle accompagnait.

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Tablature de Luth

Au XVIe siècle, l’influence de l’imprimerie favorise la diffusion de la notation ronde que nous connaissons. Le système sur lequel nous vivons encore pour l’essentiel s’est figé entre 1650 et 1750.

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Ecriture classique de W.-A. Mozart, Fugue en ut majeur pour pianoforte, K 394 (extrait) Ms autographe, Vienne, avril 1782. BnF, Musique, ms. 224, fol. 1.

 

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Aujourd’hui les rapports de l’homme à l’écrit musical sont différents puisque la musique peut être engendrée, produite et reproduite sans le support de l’écriture. La très grande majorité des musiciens utilisent des partitions « classiques » comme celle ci-contre.

 

 

 

 

 

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Mais on a pu voir le compositeur renoncer, quand ils ne lui semblaient pas nécessaires, aux cinq lignes et aux signes usuels. Pour répondre à ses besoins spécifiques, il crée des signes qui s’apparentent souvent à un langage personnel et abandonne jusqu’à la notation traditionnelle au profit de partitions graphiques où il sollicite toutes les ressources créatives de l’interprète, comme ici avec la partition graphique de R. Haubenstock-Ramati de son Concerto a tre, 1973

 

 

 

 

Analyse rapide de deux partions. 

  1. Stripsody, Cathy Berberian.

 

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Stripsody, Cathy Berberian

 

La ligne du haut représente les aigus
La ligne du milieu représente les médiums
La ligne du bas représente les graves

Le son « Boinnnggg » part du grave pour aller au médium.
Stripsody utilise toutes les hauteurs possibles. La voix emploie elle-aussi beaucoup de possibilités différentes. Elle peut être : parlée, chantée, chuchotée, criée. Comme pour les Récitations, il n’y a pas de sens : les dessins se suivent de façon imaginaire, sans raconter une histoire. Enfin, comme l’interprète est seule, il n’est pas possible de faire deux sons en même temps. C’est pourquoi les dessins représentant un bruit ne peuvent pas se chevaucher.

 

  1. Récitation n°10, Georges Aperghis

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Le compositeur n’a pas précisé sur la partition d’indication de nuance. L’interprète est donc libre de dire le texte comme il le désire.

On est loin des constructions classiques telles que la forme rondo par exemple. Ici, sur chaque ligne, des mots, ou parties de mots se rajoutent aux précédents, s’accumulent : Sur la première ligne, on a le mot « fois ».  Sur la 19ème ligne, on arrive à une phrase complète, toujours avec le mot « fois ». Ce morceau est donc construit selon le principe d’accumulation. On remarque sur la partition qu’une forme se dégage : il s’agit d’un triangle rectangle

 

Sources : http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/musique/dpedacol.html

http://musicienintervenant.pagesperso-orange.fr/Templates/notationmusicale.htm

 

22.3.2022
 

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