#VIVANT Le numérique au service du vivant?
31 Mar
Friche Belle de Mai
à partir de 10h
Conférences & ateliers
16€ la journée avec le spectacle ÜBM / 10€ la journée seule
Langages, humanité, modes de communication, outils… le numérique traverse, et parfois transforme aussi le spectacle #vivant.
À partir du sujet de recherche de Michaël Cros pour ÜBM, nous vous convions à une journée de réflexion, rencontres et mises en pratique pour interroger notre rapport au vivant (humain, animal, végétal, microbien…) dans un monde numérique.

Artistes, universitaires, bidouilleurs… s’interrogeront et livreront leur point de vue. Mais ils nous mettront aussi au travail dans une série de 5 ateliers en forme d’initiation ludique à quelques usages artistiques et citoyens.

Une proposition du Théâtre Massalia en collaboration avec ZINC – Arts et cultures numériques et La Méta-Carpe
Dans le cadre du projet européen PlatformShift+ soutenu par Creative Europe

 

AU PROGRAMME

10h > Ouverture par Céline Berthoumieux (Directrice de Zinc – Arts et cultures numériques) et Emilie Robert (Directrice du Théâtre Massalia)

LES CONFÉRENCES

L’intelligence artificielle est-elle capable de création ?
par Marian Ursu, Chercheur, directeur du laboratoire Créativité numérique à l’Université de York

Intelligence artificielle
par Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à Sorbonne Université, chercheur en intelligence artificielle au Laboratoire Informatique de Paris 6 Lip6

De la spiruline aux champignons, mises en culture et interactions ouvertes
par Gaspard Bébié-Valérian, Plasticien et curateur


ATELIERS

2 ateliers au choix (1h30 chaque)

Interactivité et comportements – Arduino
avec Sylvain Delbart, programmeur, concepteur multimedia

Cinétique / Synesthésie – Kinect
avec Rocio Berenguer, chorégraphe, artiste numérique et Frédéric Deslias, metteur en scène, créateur sonore, membres du TRAS (La Transversale des Réseaux Arts Sciences)

Des Apps et un Smartphone pour créer et partager
avec
Philippe Domengie, artiste multimedia

Capter et manipuler les sons invisibles – DIY
avec Reso-nance numérique, collectif artistique

Vie et mort de posts en ligne
avec David LePolard, dit Lep0le, artiste, initiateur du festival databit.me

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17h30 > Collecte de témoignages sonores de la journée
par Céline Berthoumieux et Matthias Youchenko, philosophe
Diffusion lors de la prochaine “clique numérique” sur Radio Grenouille.

19h > Spectacle Über Beast Machine La Méta-Carpe – Michaël Cros
Création transmedia Danse, marionnette et arts numériques

20h30 > Live : les coulisses de la journée par les Massalia Web Trotters

Les conférences

 

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE EST-ELLE CAPABLE DE CRÉATION ?

Marian Ursu chercheur, directeur du laboratoire Créativité numérique à l’Université de York

intervention anglophone, traduite en simultanée

« Les algorithmes et l’intelligence artificielle modifient les contours de notre monde. Presque tous les processus de décisions sont aujourd’hui conduits par les algorithmes – de la simple requête sur un moteur de recherche pour trouver un hôtel bon marché à des décisions financières complexes sur les marchés boursiers : consommation d’énergie, gestion des flux de transport, robotisation des usines, voitures sans chauffeur… La liste ne cesse de s’agrandir.
Jusqu’à il y a peu, nous considérions la créativité comme probablement le dernier bastion de l’humanité. Cependant, l’intelligence artificielle commence à influer sur ce domaine aussi. Récemment, le programme informatique Alpha Go a fait preuve d’inventivité lorsqu’il a battu le champion de Go.
Une question clé pour l’humanité est donc : l’intelligence artificielle peut-elle créer ? Les machines peuvent-elles pénétrer cette sphère dont nous pensions, jusque-là, qu’elle était réservée aux humains ?

Des questions que l’intervention de Marian Ursu ira titiller. Il décrira justement un espace dans lequel machines et humains collaborent au service de la création : une co-création IA-Homme. Il l’illustrera avec des exemples de la sphère médiatique et du spectacle vivant, et dressera une image claire de l’avenir. Il n’ignorera toutefois pas les aspects plus sombres, les menaces que l’IA peut aussi présenter. Comme presque tout dans le développement de l’humanité jusqu’à aujourd’hui, l’Intelligence Artificielle recèle de grandes promesses et de grandes menaces. C’est à nous de décider ce que nous voulons en faire ! »

Marian Ursu est professeur, détenteur de la chaire de Média Interactifs au département Théâtre et Audiovisuel de l’université de York. Il est également co-directeur du Laboratoire de Créativité Numérique, centre d’excellence pour la recherche dans le domaine de la narration multimedia, des jeux, etc. Précédemment, Marian Ursu a contribué à transformer le département d’informatique de Goldsmiths, Université de Londres, unité de sciences informatiques et mathématiques en un département de pointe à la convergence de la science, de l’art et des média. Durant les quinze dernières années, Marian s’est impliqué dans la création de nouvelles formes de communication media et d’expression artistique, en particulier d’interaction narrative.

 

DE LA SPIRULINE AUX CHAMPIGNONS, MISES EN CULTURE ET INTERACTIONS OUVERTES

Gaspard Bébié-Valérian Plasticien et curateur

A l’occasion de cette rencontre, Gaspard Bébié-Valérian présentera une sélection de projets récents dont l’Urinotron, coopération avec le chercheur en sciences du design Dorian Reunkrilerk consistant en une pile microbienne dont l’élément central est constitué d’urine, Viridis, la ferme à spiruline, un projet au croisement de l’agronomie et du jeu vidéo élaborant un modèle de travail coopératif et décentralisé, enfin, The Uncanny Valley, une installation plaçant le spectateur en face-à-face avec une intelligence artificielle, engageant un dialogue sur l’indissociation entre machine et humaine.

Gaspard et Sandra Bébié-Valérian, couple d’artistes travaillant ensemble depuis 2004, intègrent dans leurs projets des matériaux organiques, chimiques et électroniques. Ils abordent volontiers des questions touchant à l’énergie, l’alimentation, le climat, la santé ou les ressources naturelles et industrielles. De manière générale, ce sont les intrications et jeux de dépendances entre la société industrielle et le vivant (l’humain, l’animal, le végétal voire le microbien) qui les intéressent car ils figurent, selon eux, un paradigme propre aux enjeux de pouvoirs constitutifs de notre société et rompt avec une vision romantique de la nature comme environnement immuable.
Ils ont participé à de nombreuses expositions et festivals dont la fondation EDF, la Biennale Internationale d’Art Numérique (Montréal), à Centraltrack et à l’Edith O’Donnel Building-ATEC (Dallas), au Centre Dramatique National de Montpellier, à Octobre Numérique (Arles), le centre d’art SKOL et le festival Art Souterrain (Montréal) ou encore au CEAAC (Strasbourg). Ils ont également collaboré avec un ensemble d’artistes, théoriciens et chercheurs, notamment Annie Abrahams, le Critical Art Ensemble, Paul Vanouse, Annick Bureaud, Thierry Fournier, Colette Tron, Thierry Guibert, Manuel Fadat, Alessandro Ludovico, etc.

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Jean-Gabriel Ganascia > Professeur d’informatique à Sorbonne Université, chercheur en intelligence artificielle au Laboratoire Informatique de Paris 6 Lip6

Professeur d’informatique à Sorbonne Université, chercheur en intelligence artificielle au Laboratoire Informatique de Paris 6 Lip6, président du comité d’éthique du CNRS, Jean-Gabriel Ganascia travaille avec son équipe de l’ACASA (Agents Cognitis et Apprentissage Symbolique Automatique) à montrer que l’IA est non seulement un outil pour explorer les phénomènes naturels mais aussi une contribution au sciences humaines et à la culture, dans sa capacité à influer sur la production de connaissances. Il est également spécialiste des questions éthiques et de philosophie politique liée à la société de l’information.

 

Les ateliers

 

INTERACTIVITÉ ET COMPORTEMENTS – ARDUINO

Sylvain Delbart programmeur, concepteur multimedia

« Pour le spectacle ÜBM de la compagnie la Méta-carpe, une marionnette à taille humaine équipée d’une robotisation sommaire tient un rôle d’interprète au même titre que les danseurs/acteurs/chercheurs présents sur scène. Ses mouvements sont limités à ceux possibles par une articulation sur 2 axes au niveau du cou : il peut tourner la tête des deux côtés, la lever et la baisser.
A partir de ces possibilités en apparence simples, comment exprimer un comportement ? Comment donner l’illusion du vivant avec un montage basique et 2 moteurs aux mouvements limités ?
Nous explorerons au travers de la programmation arduino et du contrôle de positionnement et de vitesse, une forme d’écriture usant d’aléatoire contrôlé pour simuler des expressions d’émotions : calme, détente, agacement, stress…
Nous fournirons pour l’atelier des arduinos, moteurs et montages mécaniques, ainsi que des têtes en mousse pour rendre l’expérience plus réelle. »

Pluridisciplinaire, Sylvain Delbart utilise les outils numériques, la programmation informatique et l’électronique pour travailler les possibilités d’interactions entre image, lumière, captations diverses, robotique et création musicale.Il s’intéresse autant aux formes scénarisées qu’aux écritures non linéaires ou pseudo-aléatoires, explorant et créant ainsi des liens entre science et art. C’est en 2016 qu’il commence à mettre ses compétences au service de la Méta-Carpe. En 2017, il participe à la création Über Beast Machine, un projet dirigé par l’artiste trans-disciplinaire Michaël Cros.

 

CINÉTIQUE / SYNESTHÉSIE – KINECT

Rocio Berenguer chorégraphe, artiste numérique et Frédéric Deslias metteur en scène, créateur sonore

« A partir de kinect/s et d’une intelligence artificielle d’analyse des comportements et des mouvements, nous fusionnerons nos outils de captation en temps réèl. Nous travaillerons ainsi les correspondances entre un corps et son environnement numérique​ et multimédia​, ou comment transformer la cinétique en synesthésie. »

DES APPS ET UN SMARTPHONE POUR CRÉER ET PARTAGER

Philippe Domengie artiste multimedia

« Dans ce workshop au gout de salade composée (bio) nous ferons notre marché parmi le milliard d’applications disponibles pour mobile.  Nous échangerons sur la manière de les utiliser à des fins artistiques et/ou techniques au service d’un art. Chacun apportera son mobile (smartphone in english) et ses idées, le reste suivra, comme toujours sur la grande toile. Venez également avec votre chargeur, on sait jamais. Et une envie de partager. »

CAPTER ET MANIPULER LES SONS INVISIBLES – DIY

Réso-nance numérique collectif artistique

L’oreille humaine capte les vibrations acoustiques a certaines fréquences. Mais l’univers est parcouru de nombreuses vibrations, la lumière, les champs électromagnétiques, les pulsations physiques.
Il s’agira d’expliquer et de démontrer comment capter ces ondes, les rendre audibles ainsi que les manipuler avec des interfaces diy. Notamment en essayant de capter les sons des insectes et autres animaux qui communiquent a d’autres fréquences.

L’association reso-nance numérique basée a Marseille est un collectif artistique créant des dispositifs interactifs musicaux et diffusant des ateliers de création partagé autour des pratiques numériques libres. http://reso-nance.org/

VIE ET MORT DE POSTS EN LIGNE

David Lepolard dit Le Pôle artiste visuel et numérique, initiateur du festival databit.me

Comment penser notre rapport au vivant dans un monde numérique ?
En novembre 2017 Systaime me contait approximativement cette anecdote :

« Mon avion était à 00H56 à l’aéroport de Bruxelles-Capitale.
Sur mon téléphone les horaires concordaient et je pouvais prendre mon avion en économisant un dispendieux taxi.
Cependant un doute m’étreint à la gare, et j’allais au guichet pour demander une confirmation pour mon train vers l’aéroport.
L’agent après avoir cherché sur son terminal me certifiât qu’il n y avait pas de train.
Effroi.
Pourtant j’allais sur un quai, indiqué par mon smartphone et je montais dans un train… »

L’homme n’avait plus l’info, l’être était dans la limite.
La vérité était sur l’internet.
Dois-t-on faire confiance aux réseaux ?
Aussi pour éprouver la chose, je propose un atelier de post massif, de statuts, images, mème, haïku, selfies, et autres snaps, frénésie pour remplir les flux pendant deux heures.
Tentative d’être en vie là bas.
L’internet décidera seul ce qui restera vivant.

David Lepolard, de son nom d’artiste « Lep0le » propose, imagine et conçoit des événements, ateliers et installations vidéo, sonores, des objets et pièces augmentés mélangeant problématiques technologiques et spectacle vivant. De cette démarche naîtront les performances « Play_biopolitique » autour d’une playstation et du texte de Michel Foucault, « Nos vies numériques » autour de la photographie digitale, « BUG » autour d’une lecture d’une erreur de Firefox, « Robot(e) » avec Rita Cioffi sur la question des robots…

Il code décode et déconne. Il est l’un des premiers français à pratiquer l’art du Glitch. En parallèle de toutes ses activités créatives, il lance le festival databit.me qui depuis 2010 est un laboratoire/hackerspace ouvert sur les questions de notre temps, peuplé de machines électroniques.

Les conférences diffusées en live-streaming sur notre chaîne youtube

Retrouvez le live des Massalia Web Trotters ici

Émission spéciale #Vivant sur Radio Grenouille en podcast ici !
Et ne manquez pas la prochaine clique numérique sur radio Grenouille, sur le thème de #vivant

 

 

Cités lors des conférences

MARIAN URSU

Artistes cités :

Damien Hirst, Tracey Emin… -> Young British Artists nouvelle génération d’artistes ayant étudié à l’université Goldsmiths (Londres)

Veronese, Verrochio -> L’intelligence artificielle peut-elle remplacer les disciples ?

Marc Quinn, Alison Lapper Pregnant, 2005

Simon Colton : Computational Creativity, pratique multidisciplinaire à la jonction de l’art et de l’intelligence artificielle

Patrick Tresset : Paul (le robot dessinateur), 2011

Logiciels cités :

Deep Blue » (IBM, 1993), Alpha Go (Google DeepMind, 2015) : logiciels utilisant l’intelligence artificielle pour jouer aux échecs ou au jeu de go

Poèmes écrits par l’intelligence artificielle Google

Watson (IBM, 2011) : programme informatique d’intelligence artificielle

Deep Art (2015) : application de retouche photo s’inspirant de divers styles artistiques (Computational Creativity)

 

 

GASPARD BÉBIÉ VALÉRIAN

Projets personnels cités :

Urinotron (2018, avec Dorian Reunkrilerk)

The Uncanny Valley (2014)

Viridis, la ferme à spiruline (2014-2015)

Penseurs cités :

Sur la notion de dispositif : Michel Foucault, Giorgio Agamben

André Leroi-Gourhan, préhistorien et ethnologue, concept d’exosomatisation

 

JEAN-GABRIEL GANASCIA

Artistes cités :

Andrée Chedid, « La Robe noire », dans le recueil « Les saisons de passage », Flammarion, 1996.

Georges Brassens, La Mauvaise réputation (1952)

Penseurs cités :

Luciano Floridi, philosophe d’origine italienne, enseignant à Oxford : concept de réontologisation = avec le numérique, les notions de base changent de sens, car on est dans un monde d’information

Claude Shannon, théorie de l’information (1945)

Emmanuel Kant, sur le mensonge et la responsabilité

Benjamin Constant, « Adolphe » (1816)

Benjamin Constant, « Les réactions politiques » (1797)

Jean-Paul Sartre, « Le Mur » (1939)