Massalia s’est impliqué aux côtés de Système Friche Théâtre dans l’Association pour la création d’un lieu multi-accueil à la Friche la Belle de mai.
Une crèche pour le quartier est en cours de construction sur le site et va ouvrir ses portes en décembre 2011. Cinquante enfants vont venir enrichir la vie de la Friche, et pour le Théâtre Massalia, le théâtre jeune public de la Friche, c’est une richesse inestimable, un terreau précieux pour interroger les relations des artistes aux tout-petits, à leurs familles et aux professionnels de la petite enfance.
D’OCTOBRE 2011 à JANVIER 2012
En prélude à l’ouverture de la crèche de la Belle de Mai, la Friche avec Système Friche Théâtre, le Théâtre Massalia et le pédopsychiatre Patrick Ben Soussan* proposent un cycle de conférences sur l’histoire des enfants d’aujourd’hui, des crèches et de l’accueil.
Des histoires de vie, de famille, mais aussi des histoires politiques, sociales, des histoires d’engagement et de responsabilités.
En 2012, la crèche de la Friche ouvrira ses portes et offrira, aux enfants et aux familles, un accueil qu’elle souhaite ouvert, bienveillant, élaboré et novateur.
*Patrick Ben Soussan est président de l’association qui porte la future crèche. _ Il signe une présentation détaillée de ces conférences, à lire sur le site www.theatremassalia.com et www.lafriche.org
“ Qui sont les enfants et les parents d’aujourd’hui ? ” Aldo Naouri, pédiatre libéral, auteur de très nombreux ouvrages destinés à aider les parents, évoquera ce qui le fait réagir aujourd’hui, des théories du genre (nait-on garçon ou fille ou le devient-on ?) aux lois de bioéthique...
Sylviane Giampino, psychologue, psychanalyste, est fondatrice de l’Association Nationale des Psychologues pour la petite enfance et membre active du collectif « Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans ».
Miriam Rasse est psychologue clinicienne, directrice de l’Association Pikler-Lóczy France. Elle a codirigé avec Julianna Vamos « Accueillir un bébé à la crèche » (Érès, 2009).
Anna Lia Galardini, psychopédagogue, nous parlera du projet pédagogique et culturel qu’elle a développé à Pistoia en Toscane et qui est devenu une référence mondiale pour les professionnels de l’accueil, de la pédagogie et de l’éducation.
Ces conférences sont gratuites et ouvertes à toutes et à tous.
Elles sont suivies d’une VISITE DE LA CRÈCHE en cours de construction.
Pour participer à une conférence et/ou une visite de chantier : réservation obligatoire auprès du Théâtre Massalia.
* Titre d’un livre collectif orchestré par Liane Mozère et Irène Jonas,
paru aux éditions Érès, collection « Mille et Un Bébés en 2011 ».
On dit souvent que le bébé est né au XIXe siècle, enfin le terme "bébé" plus précisément. On le rapporte à une francisation de l’anglais "baby" et à toute une approche nouvelle de l’éducation du jeune enfant, prônée dès la fin des années 1600, par John Locke en Angleterre, et remis au gout du jour français par Rousseau vers 1750.
En tout cas, en 1877, le mot "bébé" n’existe pas encore pour le dictionnaire de l’Académie et Balzac dans les "Mémoires de deux jeunes mariées" (1840) laisse son héroïne évoquer son "... baby, comme dit ma bonne anglaise, un baby blanc et rose ...".
D’autres sources retrouvent l’origine de ce terme dans certains dialectes médiévaux, désignant alors la poupée ou le très jeune enfant, "bêlant" ou sanglotant. A moins qu’il ne s’agisse que du nom propre d’un nain du roi Stanislas de Pologne, mort en 1766.
Le fait est que le bébé était nommé‚ et cela, c’était déjà un grand pas. Parce qu’auparavant, ce bébé-là n’était vraiment pas grand chose ; en tout cas, pas une personne.
Lloys de Mause ne confiait-il pas que « L’histoire de l’enfance est un cauchemar dont nous n’avons que récemment commencé à nous réveiller » ?
À voyager dans le temps, au plus près de l’avènement de ce « baby blanc et rose » et des institutions qui l’accueilleront, nous aurions immanquablement croisé, au XXVIIème siècle, l’évêque morave Jan Amos Komenius, dit Comenius qui créa l’École du Giron maternel : il y professait en vénérable pionnier de la psychologie du développement que le jeune enfant « possède en lui les principes fondamentaux qui vont lui permettre d’acquérir les connaissances par lui-même » et il invitait à l’accueillir au milieu de ses semblables, l’adulte présent ne faisant qu’accompagner ses explorations.
Dans le siècle qui suivit, le Pasteur Oberlin mettra en place des « poêles à tricoter », regroupements de jeunes enfants menés par « des conductrices de la tendre jeunesse ».
Que tout cela fleure bon la nostalgie et le romantisme. Et les premières crèches aux noms d’oiseaux, « Les mésanges », « Les colibris », et les dames patronnesses et leurs chapeaux à plume - la reine Marie-Antoinette qui fonda à Paris « la société de charité maternelle », premier lieu d’accueil des enfants en bas âge, bien sur les plus pauvres, y perdit chapeau, plume et même sa tête - et les médecins hygiénistes et leurs blouses blanches – qui recevaient les enfants dans les « salles d’asile » au XIXème avec le seul projet de surveiller ces « malades en puissance, sains par accident » - et les petits lits à barreaux, en rang d’oignons et peinture au plomb et les bouillies à la boldoflorine et les tartines de Viandox et le salut au drapeau et...
C’était le temps des « berceuses », nos puéricultrices ou auxiliaires actuelles, et des certificats d’aptitude et de moralité délivrés par le maire de la commune pour pouvoir exercer.
C’était, dans la seconde moitié du XIXème, le temps de l’industrialisation, quand il convenait de « garder collectivement » les enfants des mères qui travaillaient dans les blanchisseries, les ateliers, les fabriques : permettre l’utilisation de la main d’œuvre féminine mais aussi comme le disait Firmin Marbeau, créateur de la première crèche française à Chaillot en 1844, « secourir à peu de frais l’enfant, sa mère, sa famille, par le travail sans humiliation, et moraliser en secourant » !
Bon, cessons net nos divagations savantes. Les enfants, et d’autant les plus petits d’entre eux, toujours convoquent le passé, l’histoire, « la Grande, l’Histoire avec sa grande hache » comme l’écrit Pérec et les petites, les miennes, les vôtres, grands-parents, vieille tante, aïeux improbables et secrets de famille.
Ils nous engagent toujours au rêve, rameutent les souvenirs, nous embarquent pour des régates singulières vers des lendemains que nous leur rêvons meilleurs et, pour faire vite, nous rendent gravement gâteux, victimes bien consentantes de leurs charmes infinis et de leurs manières trop choux. _ Enfin le cardinal de Bérulle à la fin du XVIème ne devait pas être très sensible à ces sortilèges puisqu’il n’hésitait pas à qualifier la première enfance d’ « état le plus vil et le plus abject de la nature humaine »...
Que dire alors de Bossuet qui quelques années pus tard attestait : « L’enfance est la vie d’une bête ».
Retrouvons donc les tout-petits du XXIème siècle. Sont-ils si différents de ceux que croisaient Comenius, Balzac ou Bossuet ? Pourquoi à leur indigence supposée des temps passés – ah ! le bébé du pipicacadodo - s’est substitué cette figure contemporaine du nourrisson savant, aux compétences proprement inouïes dès les premières heures de son existence ?
Pourquoi cet infans – celui qui ne parle pas – pensé pendant des générations en référence à ce qui était censé lui manquer et du coup à ce que les adultes tutélaires allaient systématiquement chercher à combler et à compenser, s’engaillardit aujourd’hui et de jeune plante en devenir, devient, plante précieuse entre toutes, une personne disait Françoise Dolto, acteur de son propre développement voire roi en sa demeure.
« His majesty the baby » avançait déjà, dès 1914, le père Sigmund, Freud de son nom, qui transforma radicalement notre vision de l’enfance avec la psychanalyse. Bientôt tyran domestique le chiard, bientôt ritaliné, histoire de calmer ses ardeurs, bientôt génétiquement déterminé, histoire de continuer à nous faire rêver !
Quant à l’accueillir, quelle commune mesure entre ces salles d’asile d’antan et les MAC de 2011 – précisons, Mac n’est pas un hommage à Steve Jobs, juste l’acronyme de Multi-Accueil Collectif ? « On garde les enfants comme les vaches » aurait pu jargonner les berceuses d’hier. « On garde des vaches mais pas des enfants... » leur rétorqueraient les professionnel(le)s de la petite enfance aujourd’hui.
En prélude à l’ouverture du MAC de la Belle de Mai, nous avions convié marraines et parrains – aucune allusion à quelque Marseille souterrain – à nous conter l’histoire des enfants d’aujourd’hui, des crèches d’aujourd’hui, de l’accueil aujourd’hui et de la culture de l’accueil. Des z’histoires de vie, d’enfants, de famille, mais aussi des histoires politiques, sociales, des histoires d’engagement et de responsabilités. Enfin tout sauf des histoires...
Aldo Naouri, Sylviane Giampino, Miriam Rasse et Anna Lia Galardini ouvriront avec nous, avec vous, les portes de ce nouveau lieu d’accueil à la Friche.
Aldo Naouri est né dans une de ces villes qui a fait l’actualité du « printemps arabe », Benghazi, en Libye, à la fin 1937. Dixième enfant de sa fratrie, il quitte très tôt la Lybie pour l’Algérie puis s’installe en France après son bac, en 1956. De 1966 à 2002, il pratique en tant que pédiatre libéral, dans le même cabinet du XIIIème arrondissement de Paris. Il intègre très tôt un groupe Balint (groupe de supervision et de réflexion sur la relation médecin-malade mis en place par Michaël Balint, psychiatre et psychanalyste d’origine hongroise, 1896-1970) et s’intéresse à la psychanalyse, qu’il hésitera un temps à exercer. Il a écrit et publié de très nombreux ouvrages, tous destinés à aider les parents d’un enfant dans leur aventure de parents, « la plus difficile et la plus passionnante aventure que puisse vivre un être humain » précise-t-il.
Il est ainsi l’auteur, chez Odile Jacob essentiellement, de :
L’enfant bien portant
Eduquer ses enfants
Adultères
Les mères juives n’existent pas
Les Pères et les Mères
Parier sur l’enfant
Réponses de pédiatre
Questions d’enfants
Les Filles et leurs mères
Le Couple et l’Enfant
De l’inceste
Son dernier ouvrage, “Les belles-mères. Les beaux-pères, leurs brus et leurs gendres”, est paru en 2011.
Il nous parlera, avec sa verve – il a parfois des prises de position un peu poil à gratter ! - et sa très riche expérience, des enfants d’aujourd’hui - il les a fréquentés au quotidien pendant près de 40 ans - de leurs parents et du monde dans lequel ils vivent. Nul doute qu’il évoquera ce qui ces derniers mois l’a fait réagir, des théories du genre (nait-on garçon ou fille ou le devient-on ?) aux lois de bioéthique en passant par tant d’autres thématiques qui inscrivent la filiation et l’enfance entre continuité et rupture.
Sylviane Giampino est née en 1956. Psychologue, psychanalyste, fondatrice de l’Association Nationale des Psychologues pour la petite enfance (A.NA.PSY.p.e), elle est l’une des animatrices actives du collectif “Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans”. Elle a publié de très nombreux articles spécialisés et est l’auteur avec Catherine Vidal de : “Nos enfants sous haute surveillance : Evaluations, dépistages, médicaments,...” (Albin Michel, 2009) et “Les mères qui travaillent sont-elles coupables ? ” (Albin Michel, 2000).
Elle nous parlera de son action en faveur d’une prévention et de soins psychologiques pour les enfants, à l’écart de la prédiction et des approches normatives de leurs difficultés qui sont aujourd’hui si souvent mises en avant. Elle nous causera des « bonnes mères » - à Marseille, on connait ! – de l’amour maternel, des enfants turbulents, des pratiques en crèche - des psychologues exerçant dans les lieux de la petite enfance, pour quoi faire ?… Elle nous rappellera aussi surement qu’à 3 ans tout n’est pas joué, que l’enfance est une terre étrangère et ne manquera pas de continuer de défendre inlassablement le droit des familles à bénéficier d’un mode d’accueil de qualité pour leur enfant -n’a-t-elle pas été une des grandes organisatrice des “États Généraux pour l’enfance”, initiative lancée en 2010 pour dénoncer une « non-politique de l’enfance » et qui a donné lieu à un imposant cahier de doléances, consultable en ligne ?
Miriam Rasse est Psychologue clinicienne, Directrice de l’Association Pikler-Lóczy France.
Elle a codirigé avec Julianna Vamos « Accueillir un bébé à la crèche » (érès, 2009).
Elle témoignera de cette expérience si singulière de la maison de la colline des roses. En 1946, une psychologue, Emmy Pikler crée une institution révolutionnaire à Budapest, rue Loczy pour des orphelins. Elle pose d’emblée un principe, la mère ne peut être remplacée.
Il convient donc d’imaginer et de construire dans la pratique des dispositifs susceptibles d’offrir aux enfants que Loczy va accueillir des soins qui leur apportent autant de réassurance, d’affection et d’attention que possible en pariant précisément sur leurs propres forces de vie et sur leur puissance d’agir.
Très vite, elle renvoie toutes les nurses et au lieu des professionnelles qualifiées de l’époque – qui, précisons, jugeaient n’avoir pas de temps à consacrer aux enfants, tellement elles étaient prises dans des taches d’entretien et de gestion hygiénique - elle engage des jeunes filles sans formation professionnelle, même ayant fait très peu d’études mais s’intéressant à l’éducation des enfants.
Elle leur enseigne les soins, et pas simplement les techniques, mais aussi comment les enfants, même les plus jeunes, doivent se sentir à l’aise pendant ces soins. Elle apprend à ces jeunes filles une méthode précise et cohérente : comment il faut donner à manger aux enfants, changer leurs couches, les baigner et les habiller - justement pour qu’elles ne soient pas obligées de se presser au cours de ces opérations, qu’elles puissent s’occuper d’eux avec tendresse, tout en prenant en considération leurs besoins individuels et en réagissant à leurs signes.
Elle leur apprend les gestes délicats et fins, en soulignant tout particulièrement le fait que l’enfant - quel que soit son âge - est sensible à tout ce qui lui arrive, qu’il sent, observe, enregistre et comprend les choses ou bien, avec le temps, les comprendra, à condition que la possibilité lui en soit donnée.
Chaque enfant est alors confié à un groupe immuable de trois référentes qui, selon les nécessités de l’emploi du temps, s’occupera de lui, chaque référente ayant en charge deux à trois enfants. Cette référente entretient avec chaque enfant dont elle a la charge une relation privilégiée à trois moments déterminés : le repas, le bain et le coucher. Durant ces moments elle établit une interaction intense, à la fois verbale et corporelle. Chaque action qu’elle entreprend est commentée et prolonge le plus possible les mouvements propres de l’enfant. Jamais elle ne le brusque, jamais elle ne contrecarre un mouvement de l’enfant, elle l’accompagne. Pendant qu’elle s’occupe d’un enfant les deux autres peuvent s’impatienter, elle les rassure en leur expliquant que leur tour viendra.
Myriam David et Geneviève Appel séjournant dans la pouponnière au cours des années 1960 et y constatant une réelle sérénité en témoigneront dans un livre devenu culte, Lóczy ou le maternage insolite.
Immanquablement, Miriam Rasse nos rappellera qu’il convient de faire confiance aux capacités de l’enfant, non de les susciter mais de les accompagner. Ainsi, en dehors des moments de relation privilégiée, divers jeux sont proposés aux enfants qu’ils utilisent et manient comme ils l’entendent. De même jamais ne sera imposé à un enfant une position qu’il n’ait d’abord acquise par lui-même. Autonomes mais jamais abandonnés par les adultes qu’ils savent être là et dont l’intervention, l’observation le montre, ne leur est dans la quasi-totalité des cas pas nécessaire. Certes ce sont les professionnelles qui proposent des objets et des situations qui prennent en compte ce qu’elles connaissent grâce à l’observation des capacités sans cesse en mouvement des enfants, mais ce sont eux qui créent et agissent sur leur monde, qui en sont maîtres.
Anna Lia Galardini est l’italienne de notre groupe de marraine et parrain. A 64 ans, cette psychopédagogue de formation a quitté il y a peu la direction des services à la personne de Pistoia, magnifique petite ville de la campagne toscane, toute proche de Florence et préside depuis aux destinées de l’Association CRESCERE.
Elle a, à travers de nombreux articles et livres - dont « Réseau et documentation : l’expérience italienne pour la qualité éducative » (dans Pour un accueil de qualité de la petite enfance : quel curriculum ? érès, 2009), « De nouveaux services pour la petite enfance en Italie » (dans Quel accueil demain pour la petite enfance ? érès, 2007), « Peut-on encore croire à la culture ? » ( Spirale 2010/4, n° 56),… - décrit le fonctionnement des lieux d’accueil de la petite enfance de cette région et leurs fondamentaux.
Ce projet pédagogique et culturel fait aujourd’hui partout référence : il est un sujet d’intérêt, de recherches et d’échanges de la part des professionnels de l’accueil, de la pédagogie et de l’éducation mais tout autant des enseignants, des chercheurs, des acteurs culturels et des politiques de toute l’Italie et du monde entier.
A Pistoia, dans les crèches, tout part des propositions des enfants et tout ne se constitue que de cela.
Ainsi, au lieu d’un matériel pédagogique structuré et prédéfini, ce que les équipes appellent la « documentation » est constituée par ce qu’apportent les enfants.
La journée débute, comme le Conseil dans les classes Freinet en France, par une réunion intitulée « Qu’est-ce qu’on fait ? ». Tout au long de l’année, de nouveaux projets sont alors discutés et proposés. Le choix du projet est toujours suscité par des événements, des discussions et ou un intérêt soudain manifesté par les enfants eux-mêmes, ce qui garantit l’implication active de ceux-ci.
On ne peut, bien entendu, déterminer à l’avance pas plus la durée que les évolutions à venir du projet qui sera continûment remanié, repensé et discuté par les enfants.
Dans un groupe d’enfants très jeunes est né le projet de « la machine à vent ».
Il a débuté lors d’une séance d’atelier où les enfants ont raconté qu’ils avaient dû souffler sur des ballons pour les faire avancer. Un des garçons a soudain déclaré qu’il pouvait inventer une machine à souffler les ballons. D’autres enfants ont associé avec lui autour de cette idée. Et le projet est né.
Il a débuté par des dessins élaborés par les enfants, des discussions autour des représentations graphiques, des propositions quant au matériel nécessaire évoqué dans les conversations entre les enfants, une implication des parents, la recherche des matériaux nécessaires tant dans la crèche qu’à l’extérieur, les premières ébauches de construction, les opérations de collage pour faire tenir la structure et enfin la décoration de la structure.
Des photos et des vidéos ont été réalisées pour garder en mémoire les évolutions et les moments forts de cette aventure collective, les adultes étant « pris » dans le mouvement du projet, découvrant, à la même occasion, leurs propres potentialités créatrices révélées par celui-ci.
Pendant cette expérience commune, tout pouvait advenir, l’indécidable comme l’impensable. On est bien loin, on le voit du jeune enfant qui pâtit de sa dépendance et de sa fragilité supposées.
Ce sont des enfants créateurs qui, ne pourrait-on au moins le poser comme hypothèse, produisent précisément un espace temps où les adultes sont susceptibles, non de retrouver l’enfant en eux, mais d’expérimenter un devenir-enfant pour parler comme Deleuze et Guattari ?
_ « On n’apprend pas à un enfant à marcher » reconnaît très finement Liane Mozère. Anna Lia Galardini nous le rappellera, au plus près de sa longue pratique à Pistoia, comme quoi, dans « ce pays de merde qui me donne envie de vomir » pour reprendre les dernières déclarations de ce cher Silvio (Berlusconi, pardi !), des expériences novatrices, intelligentes et sensibles sont encore possibles. Cela devrait nous redonner espoir quand même, ici !
En 2012, le MAC de la Belle de Mai, sous ces auspices de réflexions et d’échanges, ouvrira ses portes et offrira, aux enfants et aux familles, un accueil qu’il souhaite ouvert, bienveillant, élaboré et novateur. Ces rencontres, comme une ouverture à la pensée et au rêve, augureront pour sur d’autres projets, d’autres actions, que toute l’équipe mettra en œuvre. Avec les enfants. Avec leurs parents. Et avec tous ceux qui s’y associeront.
Alors, les petits enfants du MAC de la Belle de Mai auront bien de la chance, leurs parents tout autant, de pouvoir compter sur un tel projet d’accueil. Qui respecte l’enfant, prend en compte ses potentialités, son développement, son appétit de vivre et de grandir dans un monde pacifié. Les petits enfants du MAC de la Belle de Mai s’en rappelleront, incontestablement.